Douze kilomètres d'eau entre Sainte-Maxime et la presqu'île. C'est peu, sur une carte. Et pourtant, le golfe de Saint-Tropez contient quelque chose qui échappe aux distances: une lumière particulière, très tôt le matin, quand la surface est encore lisse et que personne n'a encore coupé les moteurs.
Le territoire qui l'entoure regroupe 12 communes, des collines couvertes de forêt jusqu'à la bande côtière, pour une superficie totale de 430 km². On y compte 103 kilomètres de côtes et 44 plages, des criques de roche sombre à Ramatuelle jusqu'aux larges étendues de sable de Cavalaire. La géographie est franche: d'un côté, le massif des Maures boisé qui retient la chaleur et bloque les vents du nord; de l'autre, la Méditerranée.
Ce golfe a une histoire qui dépasse la réputation de la saison. Le village de Saint-Tropez a été l'un des premiers de la côte à être libéré lors du débarquement de Provence en 1944. Bien avant les yachts et les photographes, c'était une côte de pêcheurs, de vignes, de pointus qui rentraient avant le mistral.
Gassin, perché au-dessus, fait partie des Plus Beaux Villages de France. Grimaud conserve les ruines d'un château du XIe siècle. La Garde-Freinet s'enfonce dans les Maures, loin du bruit des ports. Chacun des douze villages a sa cadence, et c'est justement ça: le golfe n'est pas un décor, c'est un territoire qui vit.