Une bande dessinée sur Saint-Tropez qui ne montre ni yacht, ni strass, ni terrasse à 80 euros le rosé. Juste le village. Le vrai. Celui qu'on traverse à pied le matin, où l'on croise le poissonnier, le facteur, les Tropéziens qui vivent ici hors saison.
L'album sort ces jours-ci, porté par un auteur qui a passé du temps dans les ruelles, à écouter, observer. Pas à fantasmer. Résultat: des planches où l'on reconnaît la lumière de la Ponche, le mistral qui gifle les volets, les murs ocre et ce silence de fin d'après-midi quand les touristes ont quitté la place des Lices.
Le dessin est simple, nerveux. Les dialogues sonnent juste. On y parle provençal par touches, on y râle contre la saison qui défigure, on y rit d'un apéro qui s'éternise. C'est doux, un peu mélancolique, jamais niais.
Une initiative rare. Parce qu'en BD comme ailleurs, Saint-Tropez est souvent réduit à sa carte postale dorée. Ici, on fait l'inverse: on raconte l'envers, le quotidien, la vraie matière du village. Celle qui résiste, discrètement, sous le vernis.
Une lecture à glisser dans le sac pour la plage des Graniers, hors saison de préférence. Quand le silence revient, et qu'on reconnaît enfin le village dont parle l'album.
