Elle s'appelle cochenille-tortue, elle mesure à peine quelques millimètres et elle est en train de gagner la guerre contre les jardiniers du village. Cet insecte à la carapace blanche, arrivé d'Asie il y a quelques années, colonise méthodiquement les mûriers, les agrumes et certains arbustes d'ornement de la presqu'île. Résultat: feuilles collantes, branches qui dépérissent, plantes qui s'épuisent.
À Saint-Tropez, les services techniques observent l'invasion sans trouver de parade réellement efficace. Les traitements chimiques? Interdits ou trop violents pour l'environnement. Les prédateurs naturels, comme certaines coccinelles? Pas assez nombreux pour inverser la tendance. Reste la taille sévère des branches touchées, une solution radicale qui ne règle rien sur le long terme.
Les pépinières locales, dont certaines vendent encore des plants infestés sans le savoir, commencent à prendre conscience du problème. Mais la bestiole voyage bien: un simple coup de mistral suffit à propager les larves d'un jardin à l'autre. Dans les ruelles du village, les particuliers se passent le mot, testent le savon noir, les huiles essentielles, l'eau sous pression. Avec plus ou moins de succès.
En attendant une vraie stratégie collective, la cochenille-tortue poursuit tranquillement sa conquête. Et nos mûriers centenaires, eux, encaissent en silence.
