Rue François Sibilli, rue Gambetta, place des Lices. Les enseignes de luxe se posent partout cet été. Et pas que pour deux mois.
Alo Yoga vient d'installer sa première boutique française au village. Amiri, Fornasetti, Globe-Trotter suivent avec des formats hybrides, entre pop-up et installation permanente. The Shop on the Corner réunit cinq marques sous un même toit, 255 m² en plein centre, dialogue entre patrimoine britannique et design italien. Bref, la vitrine estivale s'étire, et certaines vitrines ne ferment plus.
Le Golfe compte 768 établissements de mode pour 1 260 emplois. Dans le centre, un commerce sur trois vend de l'équipement de la personne. Contre 15 % en moyenne dans le Var. Le chiffre dit tout: Saint-Tropez est devenu un laboratoire retail à ciel ouvert.
Sauf que. Entre la sandale Rondini cousue main rue Georges-Clemenceau et la boutique temporaire d'une marque américaine qui loue trois mois et repart, la différence n'est pas qu'une question de loyer. C'est une question d'ancrage. Les artisans locaux, neuf labellisés Métiers d'art au village, profitent de la visibilité des grandes maisons, c'est vrai. Mais combien de baux ont sauté pour laisser la place au dernier concept de LVMH ou Kering?
On gagne en standing, peut-être en standing seulement. Reste à savoir si un village peut encore être un village quand ses rues ressemblent à un duty-free de luxe, même en plein air, même avec vue sur le port.