Du 16 au 18 mai, le village a remis ses habits d'antan. La 468ᵉ bravade de Saint-Tropez a secoué les ruelles de la Ponche, fait claquer la poudre sur les quais, rappelé à tout le monde que cette histoire-là ne date pas d'hier.
Depuis 1558, la tradition ne flanche pas. Chaque année aux mêmes dates, les bravadeurs enfilent leurs uniformes rouge et blanc, chargent les tromblons, portent le buste reliquaire de saint Torpes en procession. Le capitaine de la bravade mène la danse, les salves retentissent, la ville vibre.
Le samedi 17 mai, cœur de la fête: messe des mousquetaires à neuf heures, puis procession générale dans les ruelles. Poudre à canon, roulement de tambours, foule recueillie. Les façades tremblent au passage du cortège. Les Tropéziens de toutes générations se mêlent aux visiteurs. La cité retrouve son âme militaire et sa dévotion au saint patron, celui dont le corps échoua ici en l'an 68, entre un coq et un chien, après avoir été décapité par Néron.
L'après-midi, la grande bravade part à 16 heures. Retour à minuit seulement, quand la pique et le drapeau sont rendus. Dimanche, le cortège file vers la chapelle Sainte-Anne pour les messes d'action de grâce, suivies d'un pique-nique puis du vermouth d'honneur à la salle Jean Despas. Discours, clôture, jusqu'à l'année prochaine.
Pas de folklore aseptisé ici. La bravade reste une affaire de Tropéziens, une fête communautaire que le monde entier peut observer mais qui n'appartient qu'à eux. Une fois l'an, le village se souvient qu'il était une place forte avant d'être une carte postale.

