Quatre kilomètres. Cent dix mètres de dénivelé. Une heure trente, guère plus, et le village entier à vos pieds. Le sentier des Moulins part du cimetière marin, où sont enterrés Roger Vadim et Jean-Paul Belmondo, deux façons très différentes d'avoir aimé Saint-Tropez. On n'y pense pas forcément en passant le portail, mais le détour vaut quelques minutes.
Le chemin grimpe ensuite vers ce qu'il reste des anciens moulins à vent. Il en existait cinq sur ces hauteurs; il n'en subsiste plus qu'un, en ruine, posé dans la garrigue comme un oubli volontaire. À mi-parcours, la crête s'ouvre sur un panorama à 360°: le golfe, la presqu'île, les collines du Var en arrière-plan. En pleine saison, ce sentier voit passer étonnamment peu de monde. On est presque seul.
L'arrivée, au chemin des Bastidettes, se fait à la chapelle Sainte-Anne. Lieu de recueillement des marins depuis des siècles, elle a une sobriété qui tranche avec l'agitation du port en contrebas. La balade est classée facile, mais le sentier demande des chaussures correctes: le sol est irrégulier par endroits.
La lumière de fin de journée change tout. Partir vers 18h en été, c'est arriver là-haut au moment précis où le soleil bascule derrière la presqu'île et teinte les façades du village en ocre chaud. Hors saison, même intérêt, vent en plus, foule en moins.