Elle s'appelait L'Accadia. Un nom qui sonne comme une chanson, presque. Enrico Macias l'avait achetée en 1973, perchée à l'entrée du golfe, entourée d'oliviers et de lavande sur près d'un hectare. Pendant plus de quarante ans, c'était son refuge varois, loin du vacarme de la saison: l'endroit où il retrouvait Suzy, ses enfants, ses petits-enfants, et où Charles Aznavour ou Gilbert Bécaud venaient parfois poser leurs valises.
Sauf que derrière ce décor de carte postale provençale, une affaire financière désastreuse couvait depuis longtemps. En 2007, la banque islandaise Landsbanki lui avait consenti un prêt massif, avec la villa en hypothèque. Un montage qui s'est effondré avec la crise de 2008: la banque a disparu, les liquidateurs ont réclamé le remboursement intégral, et une dette de 30 millions d'euros s'est installée comme un plomb. Près de vingt ans de procédures ont suivi.
En 2026, à 87 ans, il a rendu les armes. La villa a été vendue, l'accord passé avec les liquidateurs. Le dossier est clos. L'Accadia ne lui appartient plus.
Mais voilà ce qu'on retiendra peut-être: malgré tout ça, Enrico Macias est revenu à Saint-Tropez cet été. On l'a aperçu attablé au Caprice des Deux, un restaurant bistronomique du village. La maison est partie. L'appétit de vivre, lui, tient bon.