On embarque au quai Gabriel Péri. Pas besoin de chercher longtemps: la Rose des Vents 2 est amarrée là depuis plus de trente ans, face à la glace Barbarac, et ça se voit. L'équipage connaît son affaire.
Le bateau quitte le port en douceur. Presque aussitôt, le village change de visage. La Ponche se déploie depuis la mer comme on ne peut pas la voir depuis la ruelle: les maisons des pêcheurs serrées les unes contre les autres, roses, ocre, saumon, les façades qui tombent presque à l'eau. Et derrière, les remparts de la Citadelle du XVIe siècle qui montent vers le ciel, on mesure mieux leur masse depuis ici que depuis le sentier.
Christophe, natif du village, commente en continu. Humour sec, anecdotes bien dosées. Il retrace l'histoire du village depuis Heraclea, la colonie grecque, jusqu'aux tournages de Et Dieu Créa la Femme et du Gendarme de Saint-Tropez. Il pointe au passage les villas des milliardaires disséminées dans les Parcs, côté baie des Canebiers, autant de fortunes cachées derrière des pins et des portails électriques.
Le cimetière marin, suspendu entre le ciel et l'écume, mérite qu'on s'y attarde une seconde. Peu de gens le voient sous cet angle.
Aucune difficulté physique. On s'assoit, on regarde, on écoute. Prévoir de la crème solaire: le soleil tape différemment sur l'eau. La sortie fonctionne d'avril à fin octobre, au départ du vieux-port.