1558 : une tradition qu'on n'a jamais arrêtée
Au XVIe siècle, la côte est harcelée par les corsaires barbaresques, et les seigneurs locaux, propriétaires de plusieurs fiefs éloignés, ne séjournent à Saint-Tropez que par intermittence. Le village doit se défendre seul.
En 1558, les consuls décident d'élire pour l'année un capitaine de ville, chargé de recruter et de commander une milice locale. Honorat Coste, déjà engagé depuis plusieurs années dans la défense de la place, est le premier à recevoir ce commandement. Pendant plus d'un siècle, ces capitaines et leurs milices repoussent des attaques venues de la terre comme de la mer. L'une de ces victoires, celle de 1637 sur une flotte espagnole, donnera même naissance à une seconde bravade, célébrée le 15 juin.
La fonction a perdu son utilité militaire il y a longtemps. Elle est devenue honorifique, mais elle n'a jamais disparu : chaque année un capitaine de ville est désigné, et il commande toujours le corps de bravade.
C'est là que se joue la valeur de la fête. Beaucoup de traditions provençales ont été reconstituées au XXe siècle après des décennies d'oubli. Celle-ci n'a pas eu besoin de l'être. Ce n'est pas une tradition qu'on a fait revivre, c'est une tradition qu'on n'a jamais arrêtée.