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La Giraglia
Régate · Mi-juin · Récurrent

La Giraglia

Tout le monde connaît les Voiles en septembre. Presque personne ne sait qu'une régate plus ancienne de trente ans part du même port chaque mois de juin, et qu'elle laisse au public un accès aux pontons que septembre ne permet plus.

Née dans un café parisien, installée ici en 1998

L'histoire commence en 1952, dans un café de Paris, autour de trois hommes : René Levainville, Franco Gavagnin et Beppe Croce. L'idée est politique autant que sportive : créer un grand rendez-vous franco-italien de course au large, dans une Europe qui sort à peine de la guerre et où renouer des liens entre les deux pays a du sens. Le 11 juillet 1953, 22 bateaux prennent le départ de la première édition, par fort mistral.

La course change plusieurs fois de nom au fil des partenaires, Giraglia Rolex Cup en 1997 puis Loro Piana Giraglia. Le tracé, lui, ne bouge pas.

Ce qui bouge, c'est le rôle de Saint-Tropez. En 1998, le Yacht Club de Saint-Tropez rejoint l'organisation et propose une nouvelle formule : plusieurs jours de régates côtières dans le golfe avant le grand départ vers l'Italie. Le village cesse d'être un point de départ pour devenir la base de la semaine. Les bateaux restent au port, le village s'installe sur les quais, et le public a plusieurs jours de course à regarder depuis la terre au lieu d'un unique départ.

L'épreuve reste organisée par le Yacht Club Italiano en collaboration avec la Société nautique de Saint-Tropez, sous l'égide des fédérations italienne et française. Cela s'entend sur les pontons, où l'italien circule autant que le français, et cela explique la nature de l'événement : la Giraglia n'a jamais été une régate mondaine, c'est d'abord une course, avec des équipages venus pour le résultat. Pour un visiteur, c'est une bonne nouvelle : moins de barrières, moins de zones réservées, et un accès aux quais beaucoup plus simple qu'en septembre.

La semaine, et les deux courses qu'elle contient

L'édition 2026 court du 12 au 20 juin. Le vendredi 12, le village ouvre et les bateaux arrivent. La Giraglia est en réalité deux épreuves collées l'une à l'autre, et il faut choisir laquelle on vient voir.

Les régates côtières occupent les 13, 14, 15 et 16 juin, dans les eaux du golfe. C'est l'épreuve du spectateur : parcours tracés à quelques centaines de mètres de la côte, départs groupés, virements serrés. Chaque jour la flotte sort et rentre, on voit les manœuvres de près, et quatre jours d'affilée laissent le temps de trouver son poste.

La course au large part le mercredi 17 juin. C'est l'épreuve des marins : 241 milles de Saint-Tropez au rocher de la Giraglia, à la pointe nord du Cap Corse, puis l'arrivée à Gênes, avec au moins une nuit en mer. Le public n'en voit que le départ, mais ce départ vaut le déplacement : toute la flotte franchit la ligne en même temps, cap au sud-est, dans la lumière de fin d'après-midi.

La semaine se conclut le samedi 20 juin par la remise des prix au siège du Yacht Club Italiano, à Gênes.

Voiliers en régate dans le golfe de Saint-Tropez
Giraglia Island (Corsica) Photo : Sylvain Barrier · CC BY-SA 3.0

Comprendre une régate côtière sans rien y connaître

Les quatre jours de courses dans le golfe se suivent très bien depuis la terre, à condition de savoir ce qu'on regarde. Pour le régime de vent local, notre page Mer, voile et vent marin fait le tour de la question.

Le départ. Les bateaux ne partent pas d'un point fixe mais franchissent une ligne imaginaire entre deux marques, au signal. Ils manœuvrent donc en paquet dans les minutes qui précèdent, à contresens les uns des autres. C'est le moment le plus impressionnant à voir de près.

Le près. Un voilier ne remonte pas face au vent, il zigzague. Quand toute la flotte change de bord en même temps, c'est qu'elle a atteint une limite du parcours ou qu'elle cherche une bascule de vent.

Le portant. Vent arrière, les grandes voiles colorées se déploient. C'est la partie photogénique, et celle où les écarts se creusent.

Les classements. Des bateaux de tailles très différentes courent ensemble, avec un système de compensation en temps : le premier à franchir la ligne n'est pas toujours le vainqueur. Ne t'étonne pas de voir les résultats tomber une heure après l'arrivée.

Le rocher, et la nuit qu'on ne voit pas

Le point qui donne son nom à la course est un îlot rocheux au large de la pointe nord du Cap Corse, surmonté d'un phare. Il n'a rien d'accueillant, et c'est précisément ce qui en fait une marque de parcours mémorable : un caillou isolé en pleine mer, à contourner de nuit, souvent dans du vent établi. Beaucoup d'équipages racontent ce passage comme le moment de bascule de la course.

Une fois le départ donné, la flotte disparaît vers le sud-est et le spectacle s'arrête pour ceux qui restent à terre. Sauf si l'on sait où regarder : les organisateurs publient un suivi cartographique des concurrents pendant la course. C'est le meilleur moyen de voir la flotte contourner le rocher dans la nuit puis remonter vers Gênes, et l'écart qui se creuse entre les maxis et les unités plus modestes se lit très bien sur 241 milles.

Voiliers en régate dans le golfe de Saint-Tropez
Giraglia Island and port of Barcaggio Photo : Sylvain Barrier · CC BY-SA 3.0

Nos conseils d'initié

  • Vise le départ du large, le 17. Deux cents bateaux qui franchissent une ligne pour partir vers la Corse, c'est un spectacle d'une autre nature que les régates côtières.
  • Le môle Jean Réveille reste le meilleur poste, comme pour les Voiles : vue dégagée sur le golfe et sur les manœuvres de sortie de port.
  • Longe les pontons le matin. Les jours de régates côtières, la flotte est à quai jusqu'en milieu de matinée. C'est le seul moment où l'on approche vraiment les bateaux.
  • Regarde le 15 juin. La Bravade des Espagnols tombe souvent en pleine semaine de Giraglia. Deux événements majeurs le même jour, dans le même village.
  • Les plages sont encore calmes. En juin, Pampelonne est à vingt minutes et l'Escalet reste sauvage. Les après-midi sont libres : la flotte ne sort qu'en fin de journée.
  • Pour la journée creuse, deux valeurs sûres à vingt minutes du port : la balade dans les vignes de Gassin et le village de Ramatuelle.
  • Passe de l'autre côté. Une sortie voilier en initiation se réserve facilement à cette période, et regarder une régate change après.

Venir à la mi-juin

La mi-juin est la meilleure fenêtre de l'année pour arriver en voiture. Les seules routes qui entrent dans le village sont des départementales à deux voies, et il faut en faire au moins 45 kilomètres depuis l'A8 : en août c'est l'épreuve du séjour, en juin ça roule.

Pour le logement, la Giraglia a un avantage énorme sur les Voiles : elle ne remplit pas le village. Tu trouves une chambre à des tarifs de moyenne saison, et souvent à quelques jours. De l'autre côté du golfe, les navettes depuis Sainte-Maxime mettent quinze minutes, sept jours sur sept.

Gares, aéroports et parkings sont détaillés dans notre guide pratique.

Les questions qu'on nous pose
Peut-on assister gratuitement à la Giraglia ?
Oui. Les régates côtières et le départ de la course au large se regardent gratuitement depuis le môle Jean Réveille, les quais et les hauteurs du village. Seuls les espaces du village de course et les réceptions du club sont réservés aux équipages et aux invités.
La Giraglia et les Voiles de Saint-Tropez, est-ce la même chose ?
Non, ce sont deux événements distincts. La Giraglia a lieu en juin, se termine en Italie et rassemble des bateaux de course au large. Les Voiles ont lieu fin septembre, restent dans le golfe et réunissent surtout des yachts classiques et modernes.
Peut-on participer à la Giraglia ?
Oui, mais c'est une épreuve inscrite au calendrier de course au large : il faut un bateau jaugé, un équipage qualifié et une inscription auprès du Yacht Club Italiano. Pour naviguer sans être coureur, mieux vaut passer par une sortie en initiation depuis le port.
Est-ce un bon événement à regarder avec des enfants ?
Oui, mieux que les Voiles : le port est moins saturé, les pontons sont accessibles le matin et le môle offre une vue dégagée sans avoir à jouer des coudes. Prévois un chapeau et de l'eau, il n'y a pas d'ombre sur le môle.
Les dates changent-elles chaque année ?
Oui, elles glissent d'une année à l'autre autour de la mi-juin, en fonction du calendrier de course au large. Le programme définitif, avec l'heure exacte du départ, est publié par les organisateurs quelques semaines avant.

Source : Société Nautique de Saint-Tropez

#voile#régate#juin#Italie#gratuit
Publié le 2 septembre 2026
On se croise sur place, tu me reconnaîtras au panama.