La galerie Abrial, sur le port, mise tout sur le noir et blanc. Pas de couleur, pas de rose vif, pas de bleu azur, juste du contraste pur, du grain, de la matière brute. Et ça claque.
L'exposition rassemble des photographes et des artistes qui ont compris une chose: enlever la couleur, ce n'est pas appauvrir l'image. C'est la dépouiller jusqu'à l'essentiel. Les lumières tropéziennes, si souvent célébrées pour leur éclat doré, deviennent ici des zones de blanc éclatant contre des ombres profondes. Le port, la Ponche, les visages: tout prend une gravité nouvelle.
On pense à Willy Ronis, à Doisneau, à ces maîtres qui ont figé la vie sans filtre Instagram. Ici, même principe: pas d'enjolivement, juste ce qui est. Un pêcheur qui répare son filet, une ruelle sous le mistral, un regard capté au vol.
La galerie Abrial a toujours eu ce côté discret, presque confidentiel, loin du bling du quai Jean-Jaurès. Cette expo confirme la ligne: montrer ce qu'on ne voit pas forcément, ralentir le regard. Idéal hors saison, quand le village retrouve ses tons gris et ses lumières rasantes.
L'exposition court jusqu'à fin mars. Entrée libre, et conseillée.
