Soixante-dix mètres de sable blanc entre deux mers. D'un côté, la baie de Bon Porté. De l'autre, la baie de Briande. Et au milieu, cette langue incroyable qu'on appelle le Cap Taillat — une pointe quasi sauvage à quinze minutes de voiture du village, et que personne ne connaît en dehors des locaux et des rares randonneurs du sentier du littoral.
La raison ? En 1985, le Conservatoire du Littoral a racheté tout le site pour 4,8 millions de francs — et l'a placé sous protection intégrale. Pas de construction, pas de route d'accès, pas de parking proche. Pour y arriver, il faut marcher. Vingt minutes depuis la plage de l'Escalet, par un sentier qui monte et descend dans le maquis. Et bien sûr, ça décourage les flemmards — ce qui est toute l'idée.
Le résultat, c'est que le Cap Taillat est resté exactement comme il y a cinquante ans. Eau turquoise, sable blanc, posidonies visibles depuis la surface, mérous et poulpes dans les rochers. Un micro-Seychelles à 90 minutes de Nice. Va-y tôt le matin, munis-toi de masque et tuba, et surtout repars avec tes déchets. C'est la règle pour que cet endroit reste cet endroit.
