On part des Graniers, cette plage coincée entre le port et les premiers rochers, là où les bateaux de pêche croisent encore les plagistes du matin. Un parking payant existe à proximité, pratique si on arrive tôt avant que la saison ne transforme chaque mètre carré en négociation. Le balisage jaune du sentier du littoral prend le relais dès la fin du sable.
Les premiers lacets s'ouvrent vite sur la baie des Canebiers. Sur la droite, enfouie dans les pins, la Villa La Madrague, ancienne maison de Brigitte Bardot. Discrète au point qu'on la rate si on ne sait pas regarder. Et le sentier continue, en balcon sur la mer, alternant passages ombragés et crêtes exposées où le mistral peut surprendre même en juillet.
À mi-parcours, la plage des Salins mérite l'arrêt. Moins fréquentée que Pampelonne, plus silencieuse, avec une eau souvent plus claire. C'est là qu'on pose le sac, qu'on mange le sandwich du départ, qu'on reprend son souffle avant le Cap des Salins et sa vue sur toute la baie, le Rabiou, la Moutte.
L'arrivée sur Tahiti Plage change d'ambiance d'un coup. Pampelonne, ses transats, ses plages privées, ses déjeuners qui durent jusqu'à seize heures. On peut s'y attarder, ou rebrousser chemin vers les Graniers par le même sentier. Dans les deux cas, 6,5 km, 80 mètres de dénivelé, deux heures trente si on ne traîne pas trop. Accessible aux enfants à partir du moment où ils marchent sans se plaindre sur du caillou.
En mai ou septembre, le sentier appartient aux locaux et aux cigales. En août, il faut partir tôt: avant neuf heures, l'air est encore frais et les vues ne partagent pas encore le chemin avec deux cents marcheurs.