Au bout de la grande jetée du port, une tour trapue monte la garde depuis le XVe siècle. La Tour du Portalet veille sur l'anse de la Glaye et les allées-venues du vieux port. Pas de fioritures, juste de la pierre blonde et des meurtrières qui ont vu passer galères, pirates et aujourd'hui les coques vernies des yachts.
Quand Saint-Tropez était une proie facile pour les razzias barbaresques, le gentilhomme génois Raphaël Galesio a fortifié le village en 1470. Il a réparé le port et bâti les tours du Portalet et de Saint-Elme pour tenir la mer à l'œil. Avec la Tour Vieille, la Tour Jarlier et la Tour Suffren (aujourd'hui disparue), elles formaient un réseau défensif serré. Chaque sentinelle guettait l'horizon. La nuit, les guetteurs scrutaient les feux suspects au large.
Aujourd'hui, impossible d'entrer à l'intérieur. Mais on s'en fiche un peu: c'est dehors que tout se passe. Le mistral qui fouette, les reflets qui dansent sur l'eau, le ballet des pointus qui rentrent au port. On longe la jetée, on prend le temps, on laisse filer les touristes pressés. Et au pied de la tour, on respire: sel, embruns, un soupçon d'iode. Parfois, en fin septembre, c'est d'ici que partent les régates des Voiles de Saint-Tropez. Plus de 300 voiliers sur l'eau, c'est autre chose que les scooters des mers de Pampelonne.
