De septembre 1981 à 1999, quatorze ans et un arrêt
L'histoire commence par un pari. En septembre 1981, deux bateaux se lancent un défi devant Saint-Tropez : le Swan Pride, avec à bord Pierre Roinson, président de la Société nautique de Saint-Tropez, et le 12 m Ikra. Le parcours est improvisé et parfait : départ de la tour du Portalet, on contourne une bouée au large, on finit devant le Club 55, sur la plage de Pampelonne. À l'arrivée, Patrice de Colmont, le patron du Club 55, remet au vainqueur une coupe improvisée. La bouée du parcours s'appelle la Nioulargue, qui désigne en provençal le nid du large. Le nom passe du point de virement à la course entière, puis à toute une époque.
Patrice de Colmont fait grandir l'événement en gardant l'esprit de départ : pas de catégories étanches, pas de hiérarchie. Des bateaux de série se retrouvent sur le même plan d'eau que des maxis ultra-sophistiqués, des prototypes de course et des yachts classiques restaurés. La Nioulargue invente ainsi, sans vraiment le vouloir, le format de la régate classique méditerranéenne : une semaine de courses côtières, une convivialité assumée, et une fin de journée à terre au moins aussi importante que la course.
En 1995, une collision fait un mort pendant l'épreuve. L'événement s'arrête, et ne se tiendra pas pendant trois ans. Ce n'est qu'en 1999 que la voile tropézienne reprend le flambeau, sous un nouveau nom et une organisation différente : les Voiles de Saint-Tropez. Le nom de Nioulargue disparaît de l'affiche, mais la flotte, la période de l'année et l'esprit restent.

